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« ma vie est en pause parce que je ne peux pas dormir » : le cercle vicieux et épuisant de l’insomnie chronique

claudia martens vit régulièrement avec seulement quelques heures de sommeil par nuit depuis plus de trente ans — un rythme qui a impacté presque tous les aspects de sa vie.

claudia martens
claudia martens fait partie des 6 à 10 % de canadiens qui répondent aux critères cliniques du trouble de l’insomnie. matthew bruce / aspire photography and film
claudia martens a eu du mal toute sa vie à passer une bonne nuit de sommeil.
quand elle était plus jeune, elle se réveillait souvent au milieu de la nuit et avait du mal à se rendormir. « à l’époque, je ne me rendais pas compte qu’il y avait un problème », se souvient-elle.
une fois adulte et travaillant à temps plein, elle a compris que quelque chose n’allait pas. même épuisée, elle ne parvenait pas à trouver un sommeil profond et réparateur. son insomnie est devenue persistante et implacable. « j’en étais arrivée au point où je ne pouvais plus fonctionner au travail. j’étais comme un zombie », confie-t-elle.
la plupart d’entre nous ont déjà connu cette sensation d’être un zombie après une mauvaise nuit, mais des nuits consécutives avec peu ou pas de sommeil peuvent entraîner des complications de santé bien plus graves.
« le sommeil affecte la santé mentale et physique. c’est l’un des processus les plus importants de notre vie », explique le dr martin katzman, psychiatre à toronto. « le sommeil est un processus régénératif qui nous permet de récupérer et de guérir après une longue journée. il influence tout, de la neurobiologie à la cognition en passant par la santé cardiovasculaire », ajoute-t-il.
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claudia martens a souffert durant plus de trois décennies d’un sommeil perturbé et d’un important manque de sommeil. « ma vie est en pause parce que je ne peux pas dormir », dit-elle. « j’ai une vie et je ne peux pas faire beaucoup de choses que j’aimerais à cause de mon insomnie. »
le stress lié à cette insomnie chronique a affecté divers aspects de sa vie. elle a récemment pris sa retraite à 55 ans, une décision qui a eu un impact financier. elle annule à plusieurs reprises des activités prévues lorsqu’elle se sent trop épuisée ou en danger au volant. « il y a des moments où je ne voulais tout simplement voir personne », dit-elle. « je ne voulais parler à personne parce que je manquais tellement de sommeil. personne ne peut vivre cela sans que sa santé mentale en souffre. »
comme environ 6 à 10 % de canadiens, claudia martens souffre d’insomnie chronique, soit de difficultés à s’endormir ou à rester endormie au moins trois nuits par semaine pendant plus de trois mois. résultat : sa vie quotidienne en est gravement affectée.
au fil des années, elle a essayé plusieurs méthodes pour gérer son insomnie parmi ses activités, on compte la méditation, l’exercice, les thérapies alternatives comme l’acupuncture, la réflexologie, divers compléments alimentaires à base de plantes et des séances en clinique du sommeil, le tout avec un succès mitigé. sans surprise, elle prend également très au sérieux l’hygiène du sommeil, en suivant des routines de coucher rigoureuses pour créer les meilleures conditions de sommeil possibles. mais malgré tout cela, elle ne parvient pas à trouver un sommeil réparateur.
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il y a un peu plus de 25 ans, elle s’est vu prescrire un somnifère à faible dose pour la première fois. depuis, elle traite son insomnie avec différents médicaments, qui se sont révélés quelque peu utiles. mais cette sensation de « brouillard » persiste jusqu’au lendemain. « normalement, je suis du matin, mais avec les somnifères, je ne peux rien faire avant dix heures », dit-elle.
le dr katzman indique que deux approches sont généralement envisagées pour traiter l’insomnie chronique : « de manière générale, il existe des approches pharmacologiques et non pharmacologiques. »
 le dr. martin katzman, psychiatre à toronto. photo fournie
le dr. martin katzman, psychiatre à toronto. photo fournie
l’approche non pharmacologique la plus souvent recommandée est la thérapie comportementale et cognitive de l’insomnie (tcc-i). ce traitement sans médicament aide les patients à identifier et à modifier les pensées et les habitudes qui les empêchent de s’endormir ou de rester endormis. la tcc-i comprend généralement de quatre à huit séances hebdomadaires de 30 à 90 minutes avec un thérapeute spécialisé.
le dr katzman décrit la tcc-i comme un traitement de première ligne pour l’insomnie, mais souligne qu’il peut être difficile d’accès. « il peut être compliqué de trouver des professionnels compétents », dit-il. « de plus, toutes les assurances santé ne couvrent pas la tcc-i. » par ailleurs, suivre ce traitement peut s’avérer difficile, notamment les parties liées au contrôle des stimuli et à la restriction du sommeil, qui exigent une discipline rigoureuse. claudia martens affirme l’avoir essayé, mais après dix séances sans amélioration, son thérapeute lui a recommandé de l’arrêter en raison de l’absence de résultats.
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concernant les traitements pharmacologiques de l’insomnie, le dr katzman cite les benzodiazépines comme option traditionnelle. ces médicaments ont un effet sédatif et ralentissent l’activité du cerveau et du système nerveux. d’autres médicaments, comme certains antidépresseurs souvent prescrits pour traiter l’insomnie, ont un effet similaire.
il souligne toutefois les limites de la sédation comme solution à l’insomnie. lorsque l’insomnie est causée par l’anxiété ou le stress, les réveils nocturnes peuvent déclencher une réaction de lutte ou de fuite. « le corps réagit comme s’il était en danger immédiat », explique-t-il. « avec le temps, il résiste à la sédation. donc, plus on ajoute de sédatif, plus le corps lutte contre. cela peut entraîner une tolérance, voire une dépendance ou une consommation problématique. »
une étude récente en ontario a révélé que l’usage inapproprié de médicaments concernait plus de la moitié des adultes âgés de 18 à 65 ans et près de 70 % des personnes âgées de plus de 65 ans.
le dr katzman ajoute que ces agents sédatifs peuvent rester dans le système toute la nuit, voire jusque dans la journée suivante. « comme ces substances peuvent faire baisser la tension artérielle ou affecter la coordination, le risque de chute augmente », précise-t-il. « et bien sûr, une chute peut entraîner une dégradation importante de la qualité de vie. »
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les récents progrès dans le traitement de l’insomnie incluent une approche ciblant les mécanismes cérébraux spécifiques qui perturbent le sommeil, offrant un moyen plus précis d’aider les gens à se reposer sans les effets sédatifs des somnifères classiques.
cette nouvelle classe de médicaments, appelés antagonistes des récepteurs de l’orexine (adro, ou dora), est disponible au canada depuis plusieurs années. les adro bloquent les récepteurs d’orexine dans le cerveau, lesquels favorisent l’éveil. en bloquant sélectivement ces récepteurs, les adro permettent d’apaiser les signaux d’éveil du cerveau, facilitant l’endormissement.
« l’avantage des adro (dora) est qu’ils ciblent le vrai problème et ont un effet sédatif minimal », explique le dr katzman. « par exemple, si votre corps reste en état d’alerte parce qu’il sent un danger, un adro aide à désactiver cette alarme interne — il traite la cause profonde de l’éveil. » il ajoute qu’en l’absence d’effet sédatif, le risque de somnolence le lendemain est réduit, ce qui diminue le danger de « conséquences graves comme les chutes ou les accidents de la route ».
l’insomnie chronique peut profondément affecter tous les aspects de la vie quotidienne. il n’existe pas de solution miracle unique pour traiter un trouble du sommeil, mais des traitements existent. parlez-en avec votre professionnel de la santé : il pourra vous aider à identifier celui qui vous convient le mieux pour enfin retrouver un sommeil réparateur.
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cet article a été rédigé par healthing content works, la division de contenu commercial de healthing.ca, en partenariat avec idorsia pharmaceuticals canada ltd.