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pour en finir avec la stigmatisation associée à la ménopause

le rôle des médecins, des employeurs et des pouvoirs publics dans la création d’une nouvelle approche plus saine de la ménopause

longwoods panel
« il s’agit d’une période de profonds bouleversements pour les femmes », déclare la dre wendy wolfman (à droite), directrice du centre pour la santé des femmes matures à l’hôpital mont sinaï. supplied
la ménopause est au cœur de l’actualité. des personnalités de premier plan telles qu’oprah winfrey, michelle obama et naomi watts racontent publiquement ce qu’elles ont vécu, leurs bouffées de chaleur et leurs sautes d’humeur. on pourrait donc croire que le sujet est désormais abordé librement, tant dans les foyers que dans les cabinets médicaux.
il n’en est rien.
selon une nouvelle étude portant sur les attitudes sociétales et les expériences personnelles, la majorité des canadiens (57 %) considèrent que la ménopause demeure un sujet tabou dont il est difficile de parler ouvertement.
« le vieillissement chez les hommes est largement normalisé, tandis que les femmes éprouvent encore de la gêne à évoquer des symptômes de ménopause pourtant élémentaires », déclare janet ko, présidente et cofondatrice de la fondation canadienne de la ménopause.
mme ko participait récemment à une table ronde intitulée « au-delà du stigmate : donner la parole aux femmes vivant la ménopause » aux côtés de la dre wendy wolfman, directrice du centre pour la santé des femmes matures à l’hôpital mount sinaï, et de la dre sheila wijayasinghe, médecin de famille et praticienne certifiée en ménopause à l’hôpital women’s college.
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les panélistes ont convenu que, bien que chaque femme vive la ménopause de manière unique, elles partagent de nombreux symptômes et rencontrent des difficultés à obtenir des informations sur la façon de les gérer.
parmi les symptômes fréquemment rapportés figurent les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, les troubles du sommeil, l’instabilité émotionnelle, l’irritabilité, les attaques de panique, les épisodes dépressifs, voire des accès de colère incontrôlés. « c’est une période de profonds bouleversements pour les femmes », souligne la dre wolfman. « reconnaître les risques pour la santé à cette étape de l’existence peut considérablement améliorer la qualité de vie des femmes à mesure qu’elles avancent en âge. »
une confusion persiste autour des symptômes et des risques associés, notamment en raison du flou entourant la définition même de la ménopause. pour contextualiser la discussion, la dre wolfman a donné une définition de base : « on considère qu’une femme est ménopausée lorsqu’elle n’a pas eu de menstruations pendant douze mois consécutifs. »
« la connaissance, c’est le pouvoir », insiste janet ko. pour mieux comprendre leurs symptômes, les femmes peuvent utiliser le traqueur de symptômes proposé par la fondation de la ménopause. « vous connaissez votre corps, vous savez quand quelque chose ne va pas. notez vos symptômes et discutez-en avec votre médecin. si vous vous présentez avec une idée claire de ce que vous vivez, celui-ci sera plus à même de vous aider. »
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la dre wijayasinghe rappelle qu’une meilleure prise en charge passe également par une formation adéquate des professionnels de la santé. « il faut s’assurer que les médecins de famille disposent d’informations à jour. en tant que médecin, il est de notre responsabilité de comprendre la ménopause et d’être capable de savoir traiter cette étape de la vie qui a un impact majeur sur nos patients », affirme-t-elle.
janet ko partage cet avis : « les femmes ont du mal à avoir des conversations constructives avec leur médecin, ce qui constitue actuellement un obstacle important. »
la dre wijayasinghe estime que l’enseignement devrait commencer dès les études de médecine : « quand j’étais à la faculté, j’ai reçu à peine une demi-heure de cours sur la ménopause. nous essayons de changer cela pour les résidents en médecine familiale. j’ai récemment donné un cours de trois heures à un groupe de résidents, très motivé et conscient de l’importance du sujet. nous devrions traiter la ménopause comme nous traitons le diabète ou l’insuffisance cardiaque. »
la dre wolfman abonde dans le même sens, tout en reconnaissant les défis liés à l’intégration de la ménopause dans les cursus médicaux : « elle ne représente qu’une petite partie du programme de gynécologie-obstétrique qui ne dure que six semaines. sur ce total, à peine deux heures lui sont consacrées. les étudiants peuvent acquérir de l’expérience clinique, mais cela dépend de l’hôpital et des rotations. nous tentons de faire évoluer cela, mais on nous répond souvent que les médecins de famille doivent déjà maîtriser tant de sujets, et que la ménopause est en concurrence avec ceux-ci. pourtant, nous parlons de quelque chose qui concerne la moitié de la population. »
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les panélistes ont également évoqué l’effet boule de neige des symptômes sur la vie des femmes. « un symptôme peut avoir de nombreuses répercussions », note mme ko. « par exemple, les bouffées de chaleur peuvent perturber le sommeil, entraînant une sensation de brouillard mental, qui peut à son tour nuire au rendement professionnel. »
des symptômes non traités nuisent non seulement à la qualité de vie des femmes, mais ont aussi un coût économique. un rapport récent de la fondation de la ménopause indique que les symptômes non pris en charge coûtent à l’économie canadienne environ 3,5 milliards de dollars par an.
mme ko souligne que les gestionnaires n’ont pas besoin d’être des spécialistes de la ménopause, mais doivent favoriser un climat de confiance où les employées peuvent discuter des obstacles qui nuisent à leur rendement. la campagne ménopause, au travail de la fondation propose aux employeurs un plan d’action en cinq étapes pour combler le manque de connaissances sur le sujet en milieu professionnel. « de petits gestes peuvent faire une grande différence », précise-t-elle.
elle encourage les employeurs à briser le tabou en organisant des séances d’information et en revoyant leurs régimes d’avantages sociaux afin qu’ils couvrent les traitements nécessaires, notamment les médicaments, le soutien en santé mentale et la physiothérapie du plancher pelvien.
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mme ko exhorte aussi les pouvoirs publics à mener des campagnes de sensibilisation et à promouvoir la formation des professionnels de santé et l’information sur les produits réglementés et non réglementés. « refuser aux femmes l’accès à des soins et à des traitements liés à la ménopause, c’est faire défaut à la moitié de la population. le canada est en retard par rapport à l’australie, au royaume-uni et, sur certains aspects, aux états-unis. »
elle souhaite transformer la perception de la ménopause, souvent associée au déclin, en une période de croissance, de renouveau et de sagesse : « c’est une étape magnifique de la vie. il suffit de regarder autour de nous pour voir toutes ces femmes extraordinaires qui, à 50, 60 ans et plus, mènent des vies exceptionnelles. c’est ce que nous méritons toutes. »
« je pense qu’il faut célébrer cette phase de la vie », conclut la dre wijayasinghe. « il y a tant de joie et de sagesse à cette période. si vous êtes bien accompagnée et reconnue, vous pouvez accomplir tellement de choses. ce n’est pas parce que vous n’avez plus de menstruations que votre vie est terminée. »
cet article a été créé healthing content works, la division du contenu commercial de healthing.ca, pour le compte dastellas.